Kingdom of darkness

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 Chapitre Trois

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Baal
Seigneur
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Localisation : Entre l'Enfer et le Paradis...
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MessageSujet: Chapitre Trois   Dim 14 Fév - 16:14


Chapitre Trois





Je compris alors l'erreur de mon hubris. Tout mon corps était parcouru d'une douleur lancinante que je ne pouvais arrêter. Je me souviens m'être pris la tête entre les mains et avoir hurlé ma colère.
Qu'avait-il donc fait de moi?

L'air froid de l'Hivers me glaçait la peau. Mon corps, nu à nouveau, était non plus couvert de chaleur et de bonté, mais de sang et de désespoir.
Ma langue pouvait toucher mes canines anormalement allongées. Une faim me tiraillait les entrailles. Ce n'était pas une faim ordinaire, mon estomac ne se tordait pas, non, c'était tout mon corps qui réclamait un besoin visiblement vitale, mais j'ignorais encore de quoi il s'agissait.
Je restais blottit contre moi-même attendant un quelconque pardon de Sa part. Mon corps convulsait sous la douleur. La froideur de ma peau me paralysait.

J'entendais de gens hurler autour de moi mais celà ne me fit pas réagir davantage.
L'on me piqua avec des fourches pour vérifier si je vivais encore, et l'on m'emmena dans une ferme à proximité.

La maîtresse de maison ne put cacher sa surprise quant elle me vit dans l'état dans lequel le Créateur m'avait laissé.
Elle me couvrit d'une couverture en laine. Toujours en état de choque, je me laissais dorlotter comme un pantin.
Elle s'eclipsa quelques minutes et revint avec un saut d'eau et un drap mouillé. Elle me lava le corps avec douceur. Je la regardais faire en silence. Quand son mari rentra, il lui expliqua les conditions dans lesquelles il m'avait trouvé. Apparemment je m'étais écrasé dans leur champ et avais brûlé leur récolte dans ma chute.
Ces gens étaient d'une profonde bonté. Ils m'offrirent le gîte et le couvert bien qu'ils ne me connaissaient pas.
Quant je fus propre, l'homme m'aida à monter les escaliers et m'allongea sur un lit. Je fermais les yeux mais ne pus dormir. L'horreur de mes souvenirs m'assaillaient quand je tentais de trouver un peu de repos.

Le lendemain, la femme vint me chercher. Elle me proposa les vêtements de son mari qui, par chance, faisait à peu près la même morphologie que moi. Elle m'annonça que le déjeuner était prêt et que tout deux m'attendaient.
Je lui souris par politesse et descendit avec elle. En m'asseyant, je me souviens avoir était agréablement surpris par la convivialité qui régnait dans cette pièce, mais aussi du repas royal que m'offraient mes deux hôtes. Ils étaient visiblement pauvres, mais leur gentillesse à mon égard me réchauffa le coeur.
Cette étrange faim me tiraillait toujours. Je me jetais sur le repas dans l'espoir de la calmer. C'était comme si je n'avais pas manger depuis des siècles, et dans un certain sens c'était le cas...
Les fermiers se mirent à rire devant tant d'impatience mais ne s'en offensèrent pas. Après avoir avaler plus que nécessaire, je sentis mes entrailles se tordre. Je posais une main sur mon estomac et, me redressant, vomis le tout dans mon assiette. Mon corps n'acceptait visiblement pas la nourriture humaine. J'étais affreusement géné. La femme se précipita vers moi et me réconforta. Elle se chargea de nettoyer alors que je remontais dans la chambre pour me reposer.

Je me laissais glisser le long de la porte en m'agrippant les cheveux avec force. La faim devenait de plus en plus pressante mais je ne savais absolument pas comment la calmer.
Je ne pu retenir mes larmes. Quand je sentis ce liquide chaud glisser sur mon visage, je l'essuyais immédiatement de mes mains frèles. Je m'aperçus alors que ce que je pleurais n'était pas de larme humaine, salées, non, mes larmes étaient de sang!
Je fus pris de panique. Je m'essuyais frénétiquement le visage au point de me le griffer. Je me suis précipita vers la carafe d'eau avant de la déverser sur mes yeux. Elle m'échappa des mains et se brisa sur le sol carrelé.

Les quelques coups que l'on donna à la porte me firent sursauté. La fermière avait entendu le pichet se briser et s'inquiétait de ce qui se passait. Je lui dis que tout allait bien, mais le ton de ma voix était si faible, qu'elle n'en cru pas un mot. Elle m'ordonna de lui ouvrir et je m'executa.
Je m'excusais pour ma maladresse. Elle me sourit en m'assurant que ce n'était rien.
Elle ramassa encore une fois mes saletés et se coupa sur l'un des déchets. Me sentant coupable, je pris un tissu et le lui apporta.
La vision du sang qui s'écoulait de son doigt m'obnubila. Sans réfléchir à ce que je faisais, je lui pris la main et porta son doigt à ma bouche.
Elle s'en effraya et la retira brutalement. Elle tenta de s'enfuir mais prit d'une pulsion terrible, je n'eus pas de mal à la rattraper et à la plaquer au sol. Ses hurlement de peur résonnaient dans mes oreilles. Je la fit taire en pressant ma main sur ses lèvres.

Frénétique, je mordis sa peau avec une telle force que le sang gicla comme une fontaine dans ma bouche. J'étais envahis d'un sentiment de plénitude et ses cris étouffés n'étaient plus qu'une musique lointaine.

Quand je repris mes esprits, je me rendis compte de l'écatombe. Je pouvais clairement voir la trachée de la fermière. Son sang était répandu sur moi. Je le sentais encore fusionner avec le mien pour me redonner ma vitalité.
Je fixais mes mains d'un air terrifié. Comment avais-je pu commettre une telle horreur? Etait-ce celà qu'Il avait voulut faire de moi, un monstre?
Cette pauvre femme m'avait ouverte sa maison, et pour la remercier, je lui avais arraché la gorge avec mes dents et m'était abreuvé de son sang...
C'est alors que je compris que ce besoin vital, était le sang. Il y a avait quelque chose dans le sang qui me régénérait.

Je me souviens m'être posé une multitude de question quant à mon existence...
Quelle était la place d'un monstre comme moi dans ce monde?
Devrais-je tuer désormais pour survivre?
Mon visage exprimait la haine, la fureur. Cette haine me consummait le coeur. Je Le haïssait de tout mon être, tout mon corps tremblait de cette animosité qui s'éveillait en moi. Il avait fait de moi une bête assoifée de sang, destinée à errer sur Terre sans but et à se repaître du sang des innocents... Telle avait été ma punition. Je devrais désormais ressentir tout la souffrance de ce monde à travers les hurlements de douleurs de mes victimes.

Je regardais une dernière fois le corps de cette pauvre femme. Mon coeur était mort avec elle ce jour là.
Je fuyais la maison aussi vite que je pus. Par chance, son mari était sortit et il n'eut pas à subir le même sort.
Je courus tout la nuit, ignorant ma destination. Le principal était de fuir le plus loin possible de cet enfer.

A bout de force, je m'écroulais. Le visage en sueur, je levais les yeux au ciel et Lui hurlait à nouveau ma rage.
Quand je fus calmé, je m'assis quelques minutes pour reprendre des forces. Mes yeux ne contenaient aucune expression. Ils étaient alors aussi vide que mon coeur.
C'est à ce moment que je me suis juré que je n'aurais de répit sans le lui avoir arraché le sien...

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